December 7 - 2009

Il y a 10 ans, mon premier jour de kitesurfeur.

 Il y a 10 ans, mon premier jour de kitesurfeur.

Déjà 10 ans, les premières sensations de vol, les premières boites, les premières galères, la découverte du kite en compagnie de Cyril Coste, Vincent Joly, Fabien bous et Hervé Maréchal.

Je suis retourné dans le Nord ce week end pour une petite nav à Wimereux, vagues, tempêtes, pluie, 10°, plus de 45 noeuds, des conditions que j’aime, et un sport qui après 10 ans de pratique me rend toujours aussi accro..si ce n’est plus cf la photo

Voici un interview réalisé par Thierry seray pour le site Flysurf.com.

Jeremie Eloy est parti un jour en stage chez Slinghsot et n’est jamais revenu. C’est une image bien sûr. Le stage a été pour lui un tremplin dont il a su se servir. C’est d’ailleurs lui qui s’était bougé le cul pour atterrir là-bas. Rien ne vous arrive jamais tout cuit dans le bec ou rarement. Depuis dix ans, Jérémie roule sa bosse de part le monde pour le compte des plus grosses marques. On avait donc envie de revenir avec lui sur cette décade et de lui demander le regard qu’il posait sur tout ça.

Après toutes ces années, ta vision du kite a t-elle changé ? Elle a forcément évolué alors dans quel sens ?


En 10 ans énormément de choses ont changé, tout d’abord l’évolution du matériel, plus de sécurité, plus facile, plus de choix..
Le kite est rentré dans l’esprit des gens, on ne doit plus expliquer ce que c’est. on croise des kitesurfeurs aux 4 coins du monde.


Au début, le kite était pour moi une aventure pas d’école, pas de conseil, pas de site web, apprendre comme l’on pouvait, on tissait des liens assez fort avec les autres kiteurs, beaucoup d’entraide, l’organisation des premières compétitions…c’était vraiment sympa. Je ne regrette pas cette période mais je suis content d’avoir été là. Maintenant ma vision a forcément évolué, plus pro surement, mais cela ne veut pas dire moins de passion, j’ai juste une vision plus globale du sport, et cela ne m’empêche pas de passer des heures sous les grains au fin fond de la Bretagne assis sur un rocher en espérant que le vent se stabilise.



Tu vis le kite d’une manière professionnel et sur ce plan là, t’arrive t-il de te projeter à 5 ou 10 ans ? Je veux dire par là, comment imagines tu ta vie après. A quoi ressemblent tes projets ?


Non, j’ai déjà du mal à me projeter à un ou deux mois alors 5-10 ans c’est impossible. Ce n’est pas forcement un manque d’organisation mais souvent j’évolue en fonction de la météo, des demandes, des trips en préparations, des changements de dernières minutes, donc difficile d’avoir une vision à long terme.
Dans 5 ans c’est un peu le flou, je préfère me concentrer sur le présent, sur les projets à court terme (6 mois), et avec l’expérience je me rends compte que si on planifie trop de choses on passe à côté du meilleur.



Même les choses les plus extraordinaires peuvent finir par lasser. Voyager pour rider est une aventure fantastique mais les pays où l’on va sont aussi les plus pauvres. le contraste n’a t-il pas été quelquefois difficile à vivre ? T’est-tu un jour au moins une fois senti en décalage sur un spot ? T’est-il arrivé de penser que ce que tu faisais était finalement superficiel par exemple ?



C’est sur dans certains pays, ils vont pêcher toute la journée et nous on ride la vague à côté, et aller lui expliquer que jouer dans les vagues c’est notre travail, il y a clairement un gros décalage. Dans les trips que je fais, je sors des sentiers battus, il y a rarement des touristes, pas de grands hôtels, donc notre argent on sait exactement ou elle va, au pécheur, au fermier du coin, on voyage en transport en commun… on arrive pas en 4×4 a rester dans une piscine et se faire servir. On a la chance de faire un sport très visuel, on est vite accepté, voir un village sur la plage nous applaudir à chaque saut, les enfants jouer avec nous, discuter avec les adultes, partager leur quotidien, faire des rencontres, je trouve ça extraordinaire, surement pas superficiel vis a vis de notre société, mais vis à vis de leur vie à eux surement.

A l’inverse les plans comme le Mozambique t’ont-ils apporté quelques chose. Et une fois vous repartis, qu’en reste t-il à ton avis , sur place ?

Le Mozambique était un projet magnifique. On a suivi un groupe de musique du Mozambique qui s’appelle Positivo, ils sensibilisent les jeunes sur les problèmes sociaux dans des endroits ou les ONG ne vont pas…On a chanté, dansé avec des enfants, enregistré des musiques, c’était vraiment intense à partager, on ne revient jamais pareil, et on trouve rapidement beaucoup de choses futiles.
Le film va permettre de communiquer sur les projets de Positivo, le caméraman a réalisé un clip qui leur permettra de passer à la télévision locale et à plus long terme cela leur permettra de continuer leurs actions.

Que t’inspires une trajectoire comme celle de Hulot, passé de l’univers du voyage et du “beau”, un peu comme toi, vers une vie plus engagé ?
Voyager c’est une richesse mais on ne peut pas rester aveugle et insensible à ce qu’il se passe et rester inactif. Donc je comprends Nicolas Hulot, un trip comme le Mozambique est peut être un juste retour d’un tourisme responsable, on peut tous apporter notre part de contribution à la population locale.

Si tu posais ton sac aujourd’hui, tu vivrais où ?
Je ne sais pas, il n’y a pas un endroit ou je me suis dit j’aimerais bien poser mon sac ici, depuis 8 ans je reste rarement plus de 2 semaines au même endroit. On pourrait assimiler cela à une fuite, mais adolescent j’ai tellement rêvé de faire ce que je fais, de voyager, de rencontrer des gens, de vivre de ma passion que je n’ai toujours pas trouvé le temps ou l’envie de me poser.

Qu’est-ce que tu as appris de plus importante pendant ces années de voyages ?

J’ai surtout appris qu’il était essentiel de croire en ses rêves. Sinon, les voyages et les rencontres humaines m’ont appris à relativiser les choses, à être patient, à aller vers les autres,…mais aussi que commander son plat tout seul dans un restaurant Japonais c’est pas facile, que la bière australienne n’est pas bonne, qu’en Turquie ils conduisent tous phares éteints, que les requins sont gentils, qu’un oursin c’est mieux dans son assiette que sous son pied, qu’une pompe de kite c’est top pour aspirer le sable dans une voiture de loc, qu’on peut donner de l’argent, mais aussi du gel douche, des magazines, de la mousse à raser…sous la table en échange de faire rentrer un gros sac dans l’avion, qu’à Hawaii, bizarrement ils ne sont pas dupe et savent que ce n’est pas des clubs de golf mais des surfs et des kites dans mon sac, qu’au Mexique ils ont la gâchette facile, que le Jökulhlaup c’est pas une gazelle mais un Tsunami suite à une éruption volcanique sous la glace, que le monde doit son développement grâce à la Voile latine, qu’une vague d’un mètre à Hawaï ne mesure pas la même taille qu’à Marseille, qu’au Chili on ne mange pas que des haricots rouge, que les avions indonésiens aiment bien se poser vent dans le dos, qu’en Lettonie, 5 litres de vodka correspond à 5 litres d’eau (enfin pour eux), qu’il ne faut pas courir en tongue vers un troupeau d’éléphant, parce que détaler ensuite en sens inverse, chargé par le mâle dominant, avec les tongues aux pieds c’est pas évident, qu’il faut écouter les locaux parce qu’un bon spot dans une rizière peut se révéler être un paradis pour les crocodiles, qu’un Sri Lankais est fière de vous montrer ce qu’il fait surtout quand il tire avec un char d’assaut sur la Montagne, qu’une Kalachnikov ressemble à une autre Kalachnikov peu importe le pays, qu’être français peut éviter d’être kidnappé, qu’un taxi Africain prendra mon boardbag par dessus, les poules, les moutons, les oranges, les paillasses, alors qu’un taxi parisien vide ne peut pas me prendre, qu’un américain sans assurance ne sera pas soigné, qu’on passe devant tout le monde et on paye rien quand on va se faire soigner dans un hôpital brésilien en temps qu’étranger, (j’étais pas fier), que remonter l’avenue principale, à cheval, au galop dans la ville principale de l’ile de Pâques c’est le pied….

Merci à mes partenaires, North Kiteboarding, Oxbow, Julbo, yourmood, surfrider fondation qui m’ont permis d’apprendre tout cela.

Si tu regardes dans le rétroviseur, de quoi est-tu le plus fier ?. Une session en particulier sans doute mais encore ?

Je crois avoir réalisé une bonne partie des rêves que j’avais quand j’étais petit, mais j’ai encore beaucoup d’autres envies que je tiens secrètes pour l’instant.

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